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L'Âge de Faire

Fondé en 2005, le journal l'Âge de Faire a été repris en septembre 2011 par une Scop (Société coopérative de production). C’est-à-dire que ses salariés en sont les propriétaires et décident ensemble du contenu et de la gestion du journal par le principe d’une voix par homme.

 

L’Âge de Faire témoigne des expériences alternatives au niveau local comme international, en matière de réappropriation de l'économie, de création de lien social, d’écologie et d’engagement citoyen.

 

Son credo  : offrir à ses lecteurs des outils qui leur permettront de mettre en œuvre leurs idées.

 

Il est imprimé sur du papier recyclé. L’encre utilisée est fabriquée à partir de pigments et de résines naturels – vous pouvez donc composter votre journal !

La diffusion, essentiellement assurée par ses lecteurs, par un système de coopération et par abonnement permet son indépendance financière (ni subventions, ni publicité).

 

Mais pour être rentable le journal a besoin d’un minimum d’abonnés. Je vous invite donc tous à découvrir ce superbe journal en papier.

 

Désobéir fait vivre

« Fais pas ci, fais pas ça, mets pas tes doigts dans le nez », on y a tous eu droit. Et à l’époque, c’était nécessaire, parce qu’il fallait que quelqu’un nous explique ce qu’il faut et ne faut pas faire, du fait de l’impossibilité pour notre cerveau d’enfant d’envisager l’autre comme un être humain, ou même simplement les conséquences de ses actes. Mais cette autorité, placée dans le contexte d’une relation entre deux personnes adultes saines d’esprit, ne se justifie plus par la supériorité mentale de l’un sur l’autre.

Alors pourquoi existe-t-il des gens qui ordonnent et d’autres qui obéissent ? Le grade dans la hiérarchie politique reflète-t-il l’intelligence, le sens du bien commun, l’expérience ou la clairvoyance ? Je ne répondrai pas à cette question, je vous laisse le soin de chercher dans votre tête à quoi vous, vous obéissez, et si c’est réellement pour de bonnes raisons que vous le faites.

A la place, je vous parlerai de la désobéissance. Mais attention ! Pas n’importe laquelle. Celle dont je parle s’inscrit dans un contexte historique mais elle est choisie par de vrais gens en chair et en os qui se font chacun leur petite révolution intérieure, et sa meilleure amie, sa fière compagne, c’est la non-violence.

A nouveau, il va falloir préciser que la non-violence n’est aucunement l’inaction. Son acteur le plus connu est sans-doute Gandhi, bien que rares soient ceux qui aient une idée juste de sa démarche (du fait que beaucoup de ses écrits restent méconnus). Sans avoir la prétention d’être exhaustive, citons « S’il fallait choisir entre la violence et la fuite, je choisirais la violence ». Ou « La possession du pouvoir rend les hommes aveugles et sourds », ou encore « Dans les affaires de conscience, la loi de la majorité n’a pas sa place ». Vous aussi, vous avez l’impression que le doux son de l’anarchisme murmure à votre oreille ?

Toutefois, Gandhi n’est pas le créateur de la désobéissance ni de la non-violence. Le premier à avoir réellement érigé la première en principe est Henri David Thoreau, philosophe, naturaliste et poète américain, dans son essai la Désobéissance Civile (1849). De lui, je vous propose de retenir ceci : « Les révolutions les plus grandes et les plus visibles sont l’œuvre de l’air au pied léger, de l’eau au pas furtif et du feu souterrain. » (C’est beau non ?). Depuis lors, nombreux sont ceux qui l’ont reprise, souvent anarchistes, toujours en quête d’une lutte soucieuse autant des moyens que de la fin. Ainsi, vous vous souviendrez à partir de maintenant des Wobblies, les Industrial World Workers, ouvriers du début du 20ème siècle qui luttaient pour l’abolition du salariat et du capitalisme en utilisant des moyens comme la grève, le sabotage ou les prises de parole en pleine rue pour inciter au boycott. Lorsque certaines municipalités interdirent ces prises de parole en en arrêtant les auteurs, les Wobblies lancèrent un appel à « remplir les prisons ». Le principe : rassembler des milliers de militants qui prendraient tous la parole en pleine rue à leur tour. Les prisons se remplirent et les municipalités levèrent l’interdit. Dans l’histoire, il y a des trucs moches, mais il ne faut pas oublier qu’il y a du beau aussi, qu’on ne nous enseigne pas. Retenons donc leur mot d’ordre : « Ne vous résignez jamais ! ».

Autre exemple atypique de désobéissants réfléchis : le témoignage par Mohand Zeggagh, dit Tahar, dit Rachid, prisonnier politique à 17 ans durant la guerre d’Algérie, de la formation d’un « cercle démocratique quotidien » dans une prison près de Lille, où les prisonniers avaient obtenu à force de grèves de la faim de se rassembler une heure par jour dans la cour pour débattre de ce qui leur parvenait de l’extérieur et administrer des sentences justes en se considérant comme une instance propre.

Il y a aussi tous ceux qui refusèrent de se battre pour cette guerre – et il y en a eu de pareils pour toutes les guerres. L’un d’entre eux m’a raconté qu’il avait exprimé son refus et proposé d’effectuer des travaux d’intérêt commun à la place, sans succès. Lorsque la police est venue pour l’arrêter aux carrières où il travaillait, il s’est levé à l’appel de son nom, mais quelqu’un d’autre s’est levé aussi en disant « C’est moi ». Puis un autre, puis plusieurs, prétendant tous que c’étaient eux. Finalement, ils se sont tous retrouvés au poste, leur vraie identité a été rapidement établie et lui a été envoyé en prison, mais le geste y était.

Autour de l’idée de désobéissance se sont également développées des techniques, des stratégies, que vous auriez pu découvrir il y a peu dans une super exposition temporaire intitulée Disobedient Objects au Victoria and Albert Museum à Londres (et dont on trouve encore les guides de fabrication sur leur site : http://www.vam.ac.uk/content/exhibitions/disobedient-objects/how-to-guides/)

Quant aux mouvements d’occupation, vous connaissez peut-être celui du plateau du Larzac (allez voir, si ce n’est pas déjà fait, le film « Tous au Larzac ! », ça vous réchauffera le cœur), celui de Notre Dame des Landes ou des autres Zones à Défendre qui fleurissent partout depuis, ou encore celui des indignés. Ceux-ci seraient trop longs à détailler, mais rappellent que ces principes sont toujours d’actualité.

Je ne vous ai parlé que de victoires, il y a sans doute aussi des défaites, sans doute souvent à cause de la violence du camp adverse (parce que les policiers et autres militaires, eux, ils n’ont pas exactement lu Gandhi), mais ça vaut toujours mieux que de gagner par des moyens qui nous rabaissent et qu’on aura honte d’expliquer à nos enfants plus tard, non ?

Je terminerai en citant une phrase d’Ecritures et parlures de désobéissance, d’André Bernard, un bouquin très complet qui a été une grosse source d’information pour cet article : « Les lois, c’est comme les pommes dans un panier, il y en a de bonnes, il y en a de pourries. » Et celles qui sont pourries, faut pas les avaler, peur du terrorisme ou pas (référence à l’augmentation de sécurité partout depuis les événements du 7 janvier). Il suffit de dire « non ».

Zmovr

Le Guide du Routard - spécial goulag

Bien heureux sont ceux qui s'offrent des voyages. Certains se relaxent sur des plages immaculées, d'autres se vivifient à l'air de la montagne, et enfin certains partent pour des destinations plus exotiques comme les Etats-Unis ou la Chine, ou ce genre de pays à fort décalage horaire. C'est alors une occasion de découvrir de nouvelles cultures, et aussi de se remettre en question : " L'image que j'ai de ce monde est-elle authentique ?". Afin de répondre le plus précisément possible à cette question, il faut absolument viser des destinations atypiques et éloignées de notre monde occidental normalisé.

De Pyongyang à Guantanamo, en faisant une escale pour la Sibérie, nous avons testé pour vous les meilleur goulags, officiels ou cachés, qui pourront convenir à toute la famille. Aujourd'hui nous vous présenterons le célèbre camp de travail de Krasnoïarsk en Sibérie orientale, ayant accueilli les stars les plus prestigieuses comme les Pussy Riots. 

 

Accueil et Amabilité du personnel : 

Dès votre arrivée, on vous promet un cocktail de bienvenue qui n'arrive finalement pas pour des raisons logistiques. Heureusement la chaleur du personnel fera oublier les quelques bémols de ce type . Vos effets personnels seront consignés : Vous êtes là pour vous reposer, et prendre du temps pour vous mêmes, tant pis pour le mail à envoyer à votre patron en plein congés ! Ne faites pas attention aux rites ancestraux auxquels vous serez initiés. Courir nu en plein blizzard est une étape à franchir pour atteindre le respect de vos pairs. Vous aurez alors une réplique parfaite à soumettre à vos collègues de bureau quand ils feront allusion à leur collier de fleurs tahitien qu'ils garderont encore autour du cou les premiers jours de Septembre. 

Hébergement : 

Le partage de votre chambre avec six hommes politiques vous rappellera vos années à Sciences po'. Forcément la chambre était plus spacieuse à votre époque et vous ne la partagiez pas, mais nous avons choisi l'authenticité pour vous. La direction hôtelière s'est démenée pour offrir un décor à la hauteur de toutes les espérances : 13 mètres carrés, une climatisation naturelle en hiver assurée par une meurtrière exposée plein Nord, et un trou dans le sol pour vos besoins naturels . Le personnel (dans notre cas, Igor) s'applique à venir vous réveiller très tôt le matin pour les activités en plein-air. L'hygiène est typique du folklore local, mais les températures négatives feront vite geler toutes les déjections nauséabondes ce qui empêchera les désagréments potentiels. 

Activités :

Le camp propose des activités tout le long de la semaine, qui sont obligatoires. Vous pourrez prendre part à l'effort de guerre Russe en confectionnant des munitions, ou bien des objets de la vie quotidienne à destination des camarades sibériens les plus démunis . Les activités en plein air sont variées et intéressantes : du simple footing glacial à la récolte de minerai sans pioche vous n'aurez jamais le temps de vous ennuyer, et vous reviendrez avec un physique qui fera jalouser vos collègues adeptes des "Mud Camps" américains. 

Qualité de la Restauration :

Devant le manque d'éléments mis à notre disposition durant le séjour, la rédaction ne peut pas statuer sur cette partie. 
 

A faire sur place et à visiter : 

  • Les entraînements sportifs d'Igor. ( Amenez un certificat médical ) 

  • Visiter absolument l'infirmerie. Vous aurez l'occasion de faire un heureux en donnant l'organe de votre choix. 

  • Le déneigement à la main, sous la neige. 

  • La construction et les activités de terrassement fluvial. 

  • La cellule des Pussy Riots, avec des inscriptions anti-establishement sur les murs. (nldr : ces notes sont peut être effacées à ce jour ). 

  • La course contre les chiens d'attaque, un moment palpitant sous les feux des miradors. 

 

La rédaction a une pensée pour Jean-Michel, dit : "Jean-Mimi", notre confrère qui a malencontreusement succombé d'une hypothermie sur place. Nous avons cependant pu recueillir le témoignage poignant qu'il nous a laissé sur le dos d'une poupée russe confectionnée lors de son séjour. 

Le Baron 

L'Arche 2 Noé

En cette année 2015, la Terre est plongée dans le vice, la médiocrité et la violence. 

Dieu décide qu'il faut agir. Il va trouver Noé, qui coule une paisible vie de retraité. 

- Noé ! La fin de toute existence est arrivée, ainsi en ai-Je décidé, car les Hommes ont commis trop de péchés. Une fois encore, les flots recouvriront la Terre et chaque chose vivante périra. Construis une Arche et mets-y un couple de chaque bête de la Création. Dans 7 mois, la pluie se mettra à tomber pour 40 jours et 40 nuits. 

 

Six mois plus tard, Dieu se penche sur la Terre et aperçoit Noé dans son jardin, mais nulle Arche en vue...

- Noé ! gronde-t-il, le Déluge est imminent, et tu n'as rien fait ?! 
 
- Pardonne-moi mon Dieu, mais les temps ont bien changé ! Pour obtenir un permis de construire, j’ai dû d'abord batailler avec l’Inspecteur de la Direction de l’Equipement au sujet de l’alarme incendie. Puis le Comité d'Intérêt de Quartier a fait une pétition, parce que l'Arche allait obstruer momentanément la vue. Seul le Conciliateur de Justice a pu régler les choses. Maintenant, il faut que j'écrive aux Sercices Techniques de la Mairie pour demander une dérogation préfectorale pour les nuisances sonores dues aux travaux. 

Ensuite les Services de l’Urbanisme m'ont convoqué au sujet du devis des experts sur le coût des travaux nécessaires pour que l’eau arrive dans la cour. Je leur ai dit que ce serait la Mer qui viendrait à l’Arche, ils ne m'ont pas cru... 

Les associations pour la Protection de l’Environnement ont exigé que le bois utilisé respecte les normes de la Convention Internationale pour la Protection des Végétaux et que la coupe soit garantie "Respectueuse des espèces rares et protégées". L’Agence Gouvernementale pour le Développement Durable, elle, a lancé une étude pour vérifier la conformité et la durabilité de mon projet d'Arche. Je dois attendre leurs conclusions pour commencer la construction. 

La SPA et WWF me traînent devant les tribunaux pour enfermement d'animaux sauvages, et le Service des Douanes pour exportation illégale d'espèces dangereuses. 

Pendant ce temps, j'essaie de régler mes problèmes avec la Direction Régionale du Travail au sujet du statut juridique des travailleurs bénévoles que j'ai engagés pour construire l'Arche. J'ai embauché des bénévoles, car le Ministère des Travaux Publics et Privés m’avait interdit d’employer mes propres fils, disant que je ne devais faire appel qu’à des ouvriers qualifiés ou spécialisés dans la construction. En fin de compte, je crois que j'aurais dû former une association avec ma femme, pour pouvoir proposer des missions de volontariat à temps plein. 

Et hier, la Direction Générale des Finances a gelé mon compte, prétendant que je tentais de fuir le pays illégalement ! 

Aussi, mon Dieu, je ne sais quand je pourrai achever l'Arche. 

 

Au-dessus de Noé, les gros nuages gris commencèrent à se dissiper, tandis qu'un magnifique arc-en-ciel apparaissait. 

– Sois en paix, mon fils. 

– Seigneur, Tu ne veux plus détruire ce monde ? 

– Pas la peine", répondit Dieu, l’Administration s’en charge. 

 

Abuela Grillo

 

L'histoire en dessin animé des péripéties d'Abuela Grillo, la grand-mère grillon, qui incarne la pluie chez les Boliviens, l'eau sacrée du ciel, sans frontières et sans maîtres...

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Sur le blog de l'ALLIE, vous pourrez retrouver tous les grands articles publiés dans les Clés de l'Enclos, et même des articles inédits !

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